Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Lucas Wils
,
30 mai 2022

Charlotte Wils, coach en hypersensibilité revient sur l'origine du sentiment d'imposture chez les êtres humains. Entretien en exclusivité sur MyZen TV.

Un imposteur est une personne qui trompe, qui abuse une ou plusieurs personnes dans le but d’en tirer profit. Tel Tartuffe de Molière qui se fait passer pour un homme d’Église, un dévot auprès de Orgon, un bourgeois fortuné, mais n’en veut qu’à sa fortune. 

Le syndrome de l’imposteur quant à lui est une sensation de duper les autres et que personne ne se rend compte, mais qu’un jour tous vont s’apercevoir de l’imposture. C’est un sentiment de ne pas mériter la place ou l’on est, celle que l’on aimerait obtenir ou de ne pas avoir droit d’avoir ce que l’on possède. C’est une sensation de ne pas valoir le diplôme, le poste, le statut, le titre, le nom ou même les biens que l’on possède.  

Comment reconnaît-on le syndrome de l’imposteur  ?  

La première chose qui permet de reconnaître le syndrome de l’imposteur est le doute permanent. C’est la difficulté à prendre des initiatives ou des décisions à la fois sur des sujets importants, mais aussi sur des sujets plus futiles. C’est un questionnement interne incessant, le besoin d’avoir une validation extérieure pour faire des choix. C’est parfois une impossibilité de passer à l’action. Cela peut se reconnaître aussi par le fait de mettre en place des stratégies d’évitement en remettant tout au lendemain ou en n’allant pas au bout des choses, en renonçant ou en changeant continuellement d’objectif. Cela peut se reconnaître par le fait de trouver un tas d’excuses pour ne pas faire les choses. Le syndrome de l’imposteur, c’est aussi le fait de s’autosaboter dans des épreuves, des concours, des examens comme Maurice Barthélemy nous raconte dans Fort comme un hypersensible lorsqu’il devait passer les concours soit celui du conservatoire ou ceux des grandes écoles de théâtre à ses débuts. On reconnaît les syndromes de l’imposteur par une estime de soi basse, une confiance en soi au ras des pâquerettes et un amour de soi proche de zéro. C’est comme Edmond Rostand, l’auteur de Cyrano de Bergerac énorme succès dès la première au théâtre de la porte Saint-Martin, qui après passe de longue phase sans oser écrire une seule ligne. 

Quelles sont les solutions pour dépasser le syndrome de l’imposteur ?  

Pour commencer, j’invite à porter un autre regard sur ce que nous appelons communément « Le syndrome de l’imposteur », et de s’autoriser à regarder l’autre face de la même pièce.  

Je voudrais continuer par cette citation d’Aristote « L’ignorant affirme, le savant doute et le sage réfléchit ». Pour moi, le doute est un signe d’intelligence, une forme de concertation de soi à soi, de soi à l’autre, un balancement de l’âme qui a besoin de temps, qui ne voudrait pas décider trop vite, affirmer de manière irraisonnée, se précipiter, se tromper ou se jeter dans la gueule du loup. Il nous permet d’attendre d’y voir plus clair pour décider. Ensuite, je pense aussi que le syndrome de l’imposteur nous met également dans une position qui tient compte de l’autre, donc une position qui n’est pas un standard écrasant de la société qui se met en avant ou impose, ce n’est pas une posture hautaine, de fierté, d’arrogance ou de suffisance. Pour une fois que des gens n’écrasent pas les autres ! on ne va pas s’en plaindre. Tout est une question de curseur.  C’est l’excès de doute qui est défavorable. Le problème n’est pas le doute, c’est le regard que l’on pose sur le doute. Enfin, je propose de regarder davantage cette particularité avec bienveillance, simplicité et humanité. Les personnes qui ressentent le syndrome de l’imposteur ne sont pas victime du syndrome de l’imposteur elles en ont l’avantage et si elle-même pouvait poser un regard plus amical vis-à-vis d’elle-même, cela permettrait déjà de se sentir mieux et progressivement se faire confiance avec cela.  

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